Les Rôdeurs de Shamir.
Il est rare de voir des Bio-Chirurgiens sur les champs de bataille. En effet, ces derniers préfèrent rester cloîtrés dans les laboratoires cachés sous les ziggourats de Syharhalna. Pourtant certains d’entre eux, les Biopsistes, passent leur vie dans le désert. Ils « récoltent » les spécimens intéressants pour alimenter le travail de leurs maîtres.
Les Biopsistes stockent les échantillons qu’ils collectent et les gardent ainsi en état jusqu’à leur retour à Shamir. Pour se nourrir, les Biopsistes s’injectent des capsules de nutriments par des valves situées sur leur corps. Par ces valves, ils peuvent aussi consommer les fluides vitaux de leur adversaire.
Clystère alchimique.
Les Alchimistes de Dirz n’arrivent pas toujours à cloner parfaitement leurs créations. Il arrive que certaines d’entre elles soient corrompues au cours de leur incubation. C’est ce qui s’est produit pour Salias Yesod... Néanmoins, son esprit vif et son intelligence supérieure compensèrent cette faiblesse. Salias Yesod utilise un procédé de son invention pour extraire les fluides corporels du corps de ses ennemis. Ses connaissances en Biopsie et ses nombreux contacts à Shamir lui permettent alors de cloner les créatures les plus puissantes d’Aarklash. Hélas, celles-ci sont d’une qualité médiocre et survivent rarement plus de quelques semaines.
L'Homoncule.
Parcourant inlassablement Aarklash à la recherche de nouveaux gênes, Salais est un homme peu enclin à communiquer, préférant aux babillages de ses semblables les réflexions que lui inspirent l’Homoncule.
Enfermée dans la lanterne du Biopsiste, ce petit être humanoïde est un mystère tant pour les autres alchimistes que pour Salias lui-même. Irradiant continuellement une douce lumière apaisante, il semble totalement incapable de communiquer de quelque manière que ce soit.
En sollicitant l’Homoncule, Salias Yesod parvient à en tirer de puissantes ondes qui se déversent alors dans son corps. Sa peau se marbre de taches sombres et une énergie apparemment inépuisable se répand dans ses muscles. Il est alors capable d’exploits d’une rare violence.
Salias est, en permanence, accompagné par un Golem que maîtrise complètement Salias. C'est un Être Philosophal. Il a été engendré par la science des Alchimistes.
(Confrontation 1, l'Etre Philosophal).
Salias Yesod conserve dans une lanterne un minuscule être de chair et de sang. C'est un Homoncule, une créature clonée à partir de cellules humaines. Celui-ci se comporte comme un familier. Grâce à de faibles pouvoirs magiques, il peut entrer en symbiose avec la Hache Carnassière de Salias.
(Confrontation 1, l'Homoncule).
Confrontation 1 : Incarnation.
Acte 1, Quintessence.
Salias était l'un des membres les plus respectés de la caste des Biochirurgiens. Son but n'était pas de fournir de la chair à canon aux armées de Dirz, mais d'engendrer un être au patrimoine génétique impeccable. Les recherches de Salias Yesod le menaient sur la voie de "l'Etre Philosophal", l'être de perfection. Destitué par le Conseil à cause de son attitude trop indépendante aux yeux de ses pairs, il s'est lancé sur les routes pour mener son entreprise à bien.
Salias possède, conservé dans une vieille lanterne, un être minuscule nommé un Homocule. Il le garde depuis sa fuite précipitée de Shamir. Pour donner vie à son Homoncule, Salias doit le nourrir avec un liquide que l'on nomme Quintessence. C'est un composé des fluides organiques, nommés humeurs, exposés à l'influence d'une gemme de Ténèbres. Pour distiller la Quintessence, Salias doit extraire la lymphe, la bile, le sang et l'ichor du corps encore vivant de ses victimes. |
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Acte 2, le Golem.
L'expérience qui valu à Salias Yesod l'inimitié du Conseil était l'aboutissement de son oeuvre. Il rêve de reconstituer un corps qui serait contrôlé par l'Homoncule.
Acte 3, l'Eveil.
Au cours de ses pérégrinations en compagnie du Golem, Salias Yesod a découvert que l'Homoncule pourrait bien mieux le contrôler si la créature baignait dans une essence magique.
Confrontation 2 : Incarnation.
Acte 1, Les Pillards.
Shamir se dressait face à lui, les ziggourats se dessinaient à la lueur de Lahn. Couvert de sang, Salias Yesod marchait inlassablement depuis plusieurs jours. Il devait prévenir les Neuromanciens, le Rituel de l'Aube devait être préparé au plus vite, c'était désormais une question de vie ou de mort.
***
Deux semaines auparavant.
Après plusieurs mois d'errance, Salias était finalement parvenu à retrouver le chemin de Shamir. Le corps et l'esprit très affaiblis par les épreuves qu'il venait d'endurer, il n'était plus que l'Ombre de lui-même lorsqu'il pénétra dans la capitale alchimique.
De nombreuses questions lui furent posées, son cerveau fut sondé mais une zone d'ombre d'environ une semaine persistait dans sa mémoire. Il se rappelait son entrée dans le désert en compagnie de plusieurs clones de combat, puis son réveil sous une épaisse couche de sable. Cette douleur lancinante profondément ancrée au plus profond de ses muscles et ce sentiment d'hébétude, comme s'il était resté inconscient durant des semaines.
Les Prêtres avaient décidé qu'un retour dans le Syharhalna serait salutaire pour l'esprit du Biopsiste. Salias avait dû découvrir quelque chose et la simple idée d'une puissance inconnue rôdant dans le désert était inconcevable pour les Prêtres d'Arh-Tolth.
Flanqué de nouveaux compagnons, Salias avait donc repris le chemin des dunes, tentant de réveiller en lui quelques bribes de souvenirs. Au bout de plusieurs jours de marche, une bande de pillards du désert fut repérée.
Acte 2, Vengeance d'un Père.
Devant eux reposaient les cadavres démembrés et desséchés de ceux qui s'étaient joints à la première expédition de Salias. Leurs corps tordus dans de grotesques postures reflétaient la sauvagerie de ce qui les avait massacré.
Les mains crispées sur le manche de sa hache, Salias ne parvenait pas à détacher les yeux de ses corps étendus devant lui. De quels sinistres événements avait-il pu être le témoin ? Qu'avait-il pu découvrir au coeur de cet enfer désertique ?
- « Peut-être est-ce là l'oeuvre d'un de nos Tigres ? » Avança le commandant de l'unité tout en soulevant délicatement un bras déchiqueté.
Salias réfuta une telle possibilité d'un geste de la tête. Aucun Tigre même parmi ceux affectés à la défense de Shamir, n'aurait pu faire un tel carnage. Qui plus est, voir un Tigre se retourner contre ses créateurs était aussi improbable que rencontrer un Inquisiteur empreint de compassion. Non, la vérité était tout autre, quelque chose rodait dans le désert, quelque chose que lui et ses hommes avaient dérangé ou réveillé.
- « Que faisons-nous des corps ? » demanda le Commandant.
Salias balaya lentement la sinistre scène du regard. Quelle créature était capable d'un tel carnage ? Ce potentiel combiné au savoir du Biopsiste le mènerait à coup sûr vers l'être parfait.
- « Mettez-les dans des caisses et prélevez un peu de sable. Je ne veux pas que le moindre gène puisse m'échapper. »
Un mouvement furtif attira soudainement l'attention de Salias. Ils avaient été suivis.
Acte 3, Réminiscence.
Le soleil face à lui. L'ombre. La terrible présence du monolithe noir et l'imposante puissance qui s'en dégage.
Tel un jeu de construction, ces événements s'assemblaient dans l'esprit exalté de Salias Yesod. Il se rappelait être venu ici, la découverte et la force qui s'était insinué en lui, puis l'hécatombe qui avait suivie. Un massacre qu'il avait commis de ses propres mains...
Horrifié, il ouvrit la bouche, mais n'eut pas le temps de prévenir ses compagnons. De nouveaux ennemis s'abattaient sur eux.
Ce monolithe attisait bien des convoitises !
Le souffle court, Salias contemplait son adversaire chancelant devant lui. Il l'acheva d'un coup circulaire, réprimant à peine un sourire carnassier en entendant les os se rompre sous sa lame. Puis, lorsqu'il releva la tête, Salias s'aperçut que tous ses guerriers regardaient le monolithe. Sa surface uniforme et gravée de symboles étranges luisaient faiblement, à la manière d'une gemme de Ténèbres. Que se passait-il donc ici ?
Un long sifflement retentit alors. Levant les yeux, les Alchimistes virent une énorme boule de feu passer au-dessus d'eux, haut dans le ciel.
Un spasme violent s'empare de Salias Yesod alors que le corps céleste hurlait en traversant le firmament en direction du nord. Cette comète annonçait un événement des plus terribles, comme si... Les pensées de Salias se brouillèrent alors que la fureur s'emparait de lui. Sa dernière pensée fut pour ses compagnons, alors que son propre bras pointait sa hache carnassière dans leur direction.
Se redressant, Salais ramassa son arme plantée dans le torse d'un guerrier Skorize. Ses phalanges étaient brisées et de nombreuses blessures barraient son corps. Il avait sans doute dû éliminer les survivants à mains nues.
Salias savait maintenant ce qui s'était passé la première fois. Il connaissait le secret d'Arh-Tolth et était pleinement conscient de l'importance des faits dont il venait d'être témoin.
Une fois encore, il lui fallait reprendre seul le chemin de Shamir.
Salias a découvert sa Hache Carnassière dans des circonstances étranges, au plus profond d'un temple dissimulé au coeur du désert. Bien que sa conception soit incontestablement Syhar, l'arme semble disposer d'un mécanisme inconnu qui se déclenche lorsque sa lame goûte les chairs de ses ennemis.
(Confrontation 2, l'Arme Carnassière).
L'existence d'un clone est souvent aussi éphémère que la durée de vie d'un poisson hors de l'eau. Mais il arrive parfois qu'un sujet particulièrement résistant parvienne à attirer l'attention des Prêtres d'Arh Tolth. Il lui faut alors passer l'épreuve du Baiser du Désert et y survivre... Son corps est saturé de substances chimiques expérimentales jusqu'à ce que son seuil de tolérance métabolique soit atteint. Si celui-ci est suffisamment élevé, il bénéficiera de traitements spéciaux destinés à améliorer plus encore ses facultés d'assimilations des drogues de combat. Craint et respecté par ses pairs, il acquiert un nouveau statut au sein de la société alchimique...
(Confrontation 2, Baiser du désert).
Après avoir passé plusieurs années dans les laboratoires secrets de Shamir, Salias est parvenu à la conclusion que la Génothèque actuelle ne lui permettrait pas de créer un être parfait. Pour réaliser cet ambitieux projet, il lui fallait parcourir Aarklash à la recherche de nouveaux gènes, de nouveaux sujets d'expérience. Après quelques prélèvements, il se rendit rapidement compte que les informations qu'il pouvait tirer du patrimoine génétique d'un individu était de bien meilleure qualité si celui-ci était en vie au moment de la ponction. Il consacra donc de nombreux mois à développer une technique de capture. Basée sur l'utilisation de substances anesthésiantes et d'activation de certains points vitaux, il lui est désormais possible de neutraliser un ennemi en quelques secondes. Malheur et douleur à celui-ci lorsqu'il reprendra connaissance quelques heures plus tard...
(Confrontation 2, Capture).
Salias Yesod observait le Minotaure face à lui, guettant les signes avant-coureurs de la charge. Ni l'un ni l'autre ne bougeait depuis près d'une minute. Assurant sa prise, l'Alchimiste pointa sa hache sanguinaire en direction de la créature, tel un défi silencieux envers son adversaire. Enfin, frappant du sabot le sol poussiéreux, le Minotaure s'élança, cornes en avant. Faisant pivoter la lame de sa hache, Salias fit décrire un arc de cercle vertical à son arme qui termina sa course entre les yeux du Minotaure.
Jetant un regard alentour lourd de promesses, Salias dégagea d'un geste sec la lame du cadavre à ses pieds.
(Confrontation 2, Mur de lames).
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